Le retour à un châssis propulsion, des motorisations compétitives et un look ravageur, l’Afla Romeo Giulia semble avoir tout ce qu’il faut pour se glisser entre les Allemandes. Alors, réussite ou flop?

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Meilleur châssis propulsion du segment 2.2 Diesel à la sonorité rugueuse
Train avant précis et super rapide Boîte manuelle accrocheuse
Équipement de série complet Quelques plastiques bon marché

Auparavant, acheter une Alfa Romeo était une histoire de cœur. Soit on appréciait son badge, soit son look et même quelques fois son châssis. Malheureusement, le stigmate de véhicules non fiables fondé dans les années 80 lui est toujours resté collé à la peau. À cela venait s’ajouter une qualité d’assemblage un peu en deçà de la concurrence. Il fallait donc faire beaucoup de concessions pour rouler en Alfa. Mais ça, c’était avant.

Avec la Giulia, Alfa Romeo veut effacer le tableau des vingt dernières années et revenir aux belles années qui ont fait sa réputation: les 60’s et 70’s. Souvenez-vous (ou imaginez, selon votre âge) des Giulietta, GT Junior, Duetto et autres Sprint et Veloce. Ah, c’était la belle époque. Des voitures belles à en mourir sur un châssis propulsion au moteur débordant de peps. La Giulia veut leur rendre hommage et réincarner la dolce vita qu’elles représentaient. Elle réanime d’ailleurs un nom disparu en 1977. 

Bon début

Première bonne nouvelle, les moteurs de la Giulia se trouvent à l’avant mais la puissance est transmise au train arrière. Enfin une berline Alfa Romeo propulsion. Nous n’avions plus vu cela depuis la 75… Qui dit roues arrière motrices, dit souvent plaisir de conduire. De ce côté-là, Alfa Romeo a équipé la Giulia des meilleures technologies. Le train avant présente une double triangulation, l’arrière est un essieu multibras alors que la direction est électromécanique au ratio super-court. Plusieurs éléments de carrosserie sont en aluminium et même l’arbre de transmission est en fibre de carbone (de série!). Ce qui fait de la Giulia la plus légère de son segment.

Carrosserie et finition…italienne

Toute cette technique est enrobée dans une carrosserie typiquement italienne, mélangeant courbes et lignes tendues. Tout comme l’extérieur, l’habitacle est tout en rondeurs. La planche de bord semble flotter au-dessus des éléments de commande et l’écran y est intégré avec brio. Une bonne leçon pour les Allemands friands de la mode « tablette »…

Bref, cet écran de 6,5 ou 8,8’’ (option) affiche le système d’infodivertissement. Il se contrôle via une molette placée derrière le levier de vitesses, façon iDrive. Malheureusement, un graphisme daté et une ergonomie compliquée font qu’il n’est pas au niveau des allemandes.

« Et la qualité alors », me demanderiez-vous. Alfa Romeo fait ici un énorme bond en avant. Oui, certes, les commandes sur le tunnel central font un peu cheap et quelques plastiques rigides sont encore présents, mais le reste de l’habitacle recouvert de plastic moussé est bien fini et surtout bien assemblé.

Côté pratique, le coffre dispose de 480 L de chargement, soit exactement la même quantité qu’une Série 3. Tout comme la munichoise, les passagers arrières seront un peu à l’étroit, surtout au niveau des jambes.

La meccanica delle emozioni

Pressez le bouton de démarrage, placé sur le volant, et le 2.2 diesel s’éveille dans un brouhaha typique aux buveurs de gazole. Cette sonorité rugueuse s’estompe un peu une fois en route mais malheureusement, elle ne disparaît jamais. Qu’à cela ne tienne, le 4-cylindres est coupleux et linéaire au-delà de 2.000 tr/min mais il peut paraître étouffé. Un twist du bouton DNA pour passer en mode Sport dégagera un peu les poumons. Cependant, les versions 150 ch et 180 ch sont bien plus vivantes et peu importe leur puissance, tous les 2.2 diesel ne produisent que 109 g/km de CO2. Notons que la 136 ch est créée spécialement pour les taxes Wallonnes…

Après avoir pris le volant des versions à boîte manuelle et automatique, le choix est facile. Avec ses 8 rapports, l’auto est rapide, précise et elle sied mieux au caractère du 4-cylindres. En conduite normale ou sur autoroute, la Giulia est agréable et raisonnablement silencieuse mais c’est sur une route sinueuse qu’elle révèle sa vraie personnalité. Ici, le train avant ultra-rapide et précis prend tout son sens. Voyager de courbes en épingles se fait les deux mains sur le volant, sans jamais devoir les détacher. Certes, comme tous les systèmes électromécaniques, la direction semble muette mais sa légèreté et sa précision agrémentent le sentiment d’agilité de la caisse. Ici encore, Alfa donne une leçon aux Allemands…

Verdict

Alfa Romeo place beaucoup d’espoirs dans sa Giulia, elle est censée remettre la marque sur la carte. C’est pourquoi les meilleurs ingénieurs du groupe se sont attelés à en faire une berline propulsion non seulement en cohérence avec son héritage mais aussi ultra compétitive. Certes l’habitacle présente encore quelques détails de finitions à l’italienne, mais rien qui ne peut être réglé par une évolution à mi-carrière. L’expérience de conduite, dominée par ce fabuleux châssis propulsion et ce train avant ultra-rapide et précis, est élevée au-dessus de la concurrence. Enfin Alfa Romeo crée une voiture qui donne envie, et pas que par belle sa gueule!

Modèle Alfa Romeo Giulia Super 2.2 JTDm 136 Man6 & Aut8
Moteur 2.2 diesel, 4-cylindes en ligne 
Puissance 136 ch à 4.000 tr/min & 380 Nm à partir de 2.000 tr/min
Transmission Manuelle à 6 rapports / Automatique ZF à 8 rapports
Vitesse Max 220 km/h
0 à 100 km/h 8,1 s
Conso 4,2 l/100 km
CO2 109 g/km
Prix de base 34.100 € (+ 2.300 € Auto)