Vous désirez une Giulia un peu plus rapide mais vous n’avez pas assez de sous pour la version Quadrifoglio Verde? Il vous faudra donc une Veloce, essayée ici en version essence de 280 ch.

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Tenue de route hyper efficace Moteur sans âme

Afin de juger correctement une voiture, il faut la conduire dans plusieurs environnements. Une première fois dans des circonstances idéales (par exemple lors d’un lancement de presse international) et puis de nouveau sur nos routes belges (souvent accompagnées du mauvais temps). Si vous êtes vraiment chanceux, vous pourrez essayer le modèle en question une troisième fois, de préférence à bord d’un modèle qui vous fait apprécier nos routes belges sans languir du tarmac étranger. C'est alors seulement que vous atteindrez ce que les Britanniques appellent le sweet spot de la gamme. Une place que l’Alfa Romeo Giulia Veloce voudrait bien occuper.

Quelles sont donc les différences entre la Veloce et le reste de la gamme?
Tout comme la QV, la Veloce possède des pare-chocs avant et arrière plus agressifs ainsi qu’une double sortie d’échappement. Associés aux jantes de 19 pouces (option), ils lui confèrent un look résolument plus sportif, distinguant ainsi la Veloce du reste de la gamme.
Pour justifier cet extérieur sportif, la version essence bénéficie de 80 ch supplémentaires par rapport à la Super, ainsi que du Q4. Ce système de quatre roues motrices entraine majoritairement les roues arrière mais il peut transférer jusqu’à 60% du couple au train avant en cas de perte d’adhérence. Le calibrage suspensions est également spécifique. En option, elle peut s’équiper de l’amortissement adaptatif pouvant d’ailleurs être complètement découplé du mode Dynamique, influant sur le moteur et la direction.

Y a-t-il toujours un bouton DNA sur cette Alfa?
Évidement, mais depuis l’arrivée de la Giulia, l’interrupteur s’est transformé en roulette. Le mode choisit reste donc sélectionné, même après redémarrage du moteur. En mode Dynamique, le groupe motopropulseur devient légèrement plus pétillant alors que l’assistance de la direction n’est pas trop exagérée.
Parlons maintenant de ce que nous tenons en main: bien mieux taillé et plus habillement stylé que les versions à trois branches équipant les modèles précédents, le volant est ici flatté par les palettes en métal commandant la boîte auto. Alfa affirme les avoir empruntés à la Ferrari 488, ce qui pourrait bien être le cas. Notons d’ailleurs que suite à ces dernières, il est parfois difficile d’atteindre les commodos de clignotants et d’essuie-glaces.

Assez discuté, qu’en est-il de la conduite?
Si nous ne prenons pas compte le choix quelque peu discutable des matériaux et de la finition, les commandes principales fonctionnent bien ensemble. Avec les amortisseurs adaptatifs en mode confort (une opération que vous devez malheureusement répéter après chaque redémarrage), le châssis filtre remarquablement bien compte tenu de la faible taille des pneus, tandis que les niveaux d’adhérence et de traction sont incontestables.


Seulement, parfois, ses caractéristiques affectent sa joie de vivre. Avec son comportement « pare-balles » et l’absence d’un ESP commutable, la Giulia s’apparente quelques fois à une Audi S à différentiel sport. Ce qui signifie: aucun sous-virage immédiat mais pas de survirage non plus. Une efficacité impressionnante qui, selon nous, n’implique pas assez le conducteur dans l’action. De plus, la Giulia propulsion est dotée d’un châssis aussi talentueux et un peu plus joueur.

Le moteur n’a-t-il pas assez de peps pour enjailler ce châssis?
Ah, le moteur. Nous ne savons pas qui l'a configuré, mais ce n'était certainement pas un italien. Pour commencer, il n’est empreint d’aucun standard auquel Alfa nous a habitués. L’oreille collée à l’échappement vous pourrez peut-être entendre quelques grondements, mais rien n’est transmis dans l’habitacle. 


Le résultat: au niveau du groupe motopropulseur, la Veloce ne fait pas battre votre cœur. D’autant plus que la boîte automatique à huit vitesses est configurée pour rester à mi-régime. Tapez les palettes au volant et vous pourrez faire monter le 2.0 litres turbo jusqu’au rupteur situé juste avant 6.000 tr/min, mais cela est rarement satisfaisant.

Conclusion?
Dans la gamme des Giulia abordables (soit, excepté la QV), la Veloce est celle à choisir. Son look spécifique – y compris les sièges sport au maintien excellent – encense la direction précise comme un rasoir et l’amortissement taré à la perfection. Pour le moteur, par contre, c’est une autre paire de manches.

Malgré un poids raisonnable de 1.530 kilos, dont 60 kg de plus pour le 4x4, la Veloce fait rarement ressentir ses 280 ch. Le 2.0 litres développe sa puissance de façon tellement linéaire qu’on l’estimerait plutôt à 220 ou 240 ch. Ce qui ne complimente pas l’expérience de conduite. Dans ce cas précis, la version diesel de 210 ch semble être un choix plus judicieux. D’autant plus que les 280 ch boivent autant que s’ils étaient 350…


Modèle Alfa Romeo Giulia Veloce 280
Moteur 4-cylindres en ligne, turbo, 2.0 litres
Puissance 280 ch à 5.250 tr/min et 400 Nm de 2.250 à 4.500 tr/min
Transmission Automatique à 8 rapports (ZF)
Poids 1.530 kg
0 à 100 km/h 5,2 s
Vitesse max 240 km/h
Consommation 6,4 l/100 km
Prix 46.550 €