Arrivée tel un pavé dans la mare, la Kia Stinger compte bien faire de remous dans la suprématie germanique. Sa version musclée a-t-elle de quoi battre la concurrence?

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Châssis dynamique & moteur coupleux... ...mais sans âme

Dans le monde automobile, les surprises sont rares. Certes, les constructeurs de supercars et autres voitures de luxe sortent maintenant des SUV, mais cela n'a rien de réellement surprenant. Par contre, un généraliste qui sort de son canton de voitures à bas prix et de longue garantie pour présenter une voiture plaisir, on ne voit pas cela tous les jours.
En plus de son look ravageur qui, même si l'esthétique est une valeur purement subjective, semble faire l'unanimité, la Kia Stinger dispose de plusieurs talents cachés. D'abord, économie d'échelle oblique, elle reprend le châssis de la Genesis G90 (groupe Hyundai-Kia) ce qui en fait la première Kia propulsion à fouler l'Europe depuis un petit temps. Afin de tirer le meilleur parti de ces organes familiaux, la marque Coréenne a été dégotter Albert Biermann de chez BMW Motorsport. C'est clair: la Stinger veut sa place parmi les allemandes.

En plein dans le cœur!
Pour ce faire, Kia a choisi de passé outre la bombinette ou le SUV sportif pour se fixer sur le coupé 5 portes. Un genre assez récent qui reste cependant monopolisé par les marques germaniques. En bon généraliste, la Stinger vient se placer entre la Série 4 Gran Coupé et la Série 6 Gran Coupé.
Large, longue, avec un grand empattement et un rapport roue avant/tablier important, la Stinger tape en plein dans le cœur des codes d'une esthétique sportive. C'est sur, contrairement à la majorité des Kia, la Stinger GT se vendra principalement grâce à son look!
L'habitacle, lui aussi, est résolument sportif. Le tableau de bord est bas, la console centrale est haute et la position de conduite est idéale. Tant d'éléments qui font vite oublier les quelques plastiques durs et grinçants.

Gonflette
Pour les motorisations, Kia montre aussi ses muscles. Trois moteurs peuvent se loger sous le long capot: un 2.2 diesel de 200 ch, un 4-cylindres essence de 2 litres poussant 255 ch ou un V6 biturbo de 3.3 litres et 370 ch. Cette dernière motorisation, faisant l'objet de cet essai, place la Stinger en concurrence directe avec les Audi S5 et BMW 340i. Toutes les motorisations sont associées à une transmission automatique à 8 rapports développée en interne et, en option, peuvent être choisies avec la transmission intégrale. En Belgique, malheureusement, le V6 n'est disponible qu'en 4x4.

Notons un autre avantage non négligeable: le prix. L'entrée de gamme commence à 45.700 € alors que la version V6 s'affiche à 54.000, soit 8.000 € de moins qu'une Audi S5 Sportback. De plus, à équipement équivalant, cette différence peut même s'approcher des 20.000 €. Preuve que la Stinger n'a pas tout dans les muscles et rien dans la tête.

Châssis dynamique
Dès les premiers tours de roue, la Stinger fait bonne impression. Même avec les jantes 19", on sent facilement que la suspension adaptative est extrêmement bien tarée. Sur nos routes post-hivernales, aucun tremblement ni forte percussion ne se fait ressentir dans l'habitacle. Bref, c'est bon de savoir qu'une grande GT est confortable, mais est-elle réellement dynamique?
Pour faire simple, oui. Grâce à sa répartition du poids de 52% sur l'avant et 48% sur l'arrière, la Stinger bénéficie d'un bon équilibre. De plus, grâce à sa direction spécifique, la grande Kia cache bien ses 4.8 m de long. Dans les petits enchainements, elle donne l'impression de se réduire autour de vous. Un exploit qu'elle n'arrive cependant pas à reproduire avec son poids. Au freinage particulièrement, les étriers à 4 pistons Brembo souffrent sous les 1.900 kg en mouvement.

Fortement assistée par la traction intégrale, la motricité est quasi imperturbable. Certes, un peu d'agressivité sur la pédale de droite emmènera le train arrière danser, mais il ne s'agira pas plus qu'une suggestion. Le moteur, pourtant, fait de son mieux. Avec ses 370 ch et surtout ses 510 Nm de couple, il ne manque pas de souffle. Dès 1.300 tr/min, il tire fort et agressivement jusqu'au rupteur, et cela sans réel creux dans la plage de couple. Pourtant, il n'impressionne jamais. Un fait mis en évidence par son manque de chant. Sans compter un bruit d'induction synthétique, le V6 biturbo est complètement muet. Dommage pour un véhicule au tempérament sportif…

Au final, cette Stinger GT V6 nous laisse quelque peu sur notre faim. Certes, son esthétique ravageuse et son châssis dynamique respirant la magie d'Albert Biermann font sa force mais elle est freinée par un moteur sans caractère. Cependant, elle reste tout a fait capable de faire face à sa concurrence la tête haute. Pour un premier essai: chapeau Kia.

Modèle Kia Stinger GT 3.3 T-GDI AWD
Moteur V6, biturbo de 3,3 litres
Puissance 370 ch à 6.000 tr/min & 510 Nm de 1.300 à 4.500 tr/min
Transmission Automatique à 8 rapports, transmission intégrale
Poids 1.909 kg
0 à 100 km/h 4,9 s
Vitesse max 270 km/h
Consommation 10,6 l/100 km
Prix 54.000 €