La Maserati Ghibli s’intègre depuis 2013 dans le segment des grandes berlines, avec sa belle gueule comme argument de poupe. Dispose-t-elle réellement d’autres atouts?

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Style italien haut de gamme Sonorité rugueuse du diesel
Chassis compétent Ergonomie embrouillée
Comportement joueur Trop de pièces Chrysler

La Maserati Ghibli a atterri sur nos routes et dans les quelques showrooms de la marque en 2013. Avec son look typiquement italien, elle voulait combattre les Mercedes Classe E et BMW Série 5. Malheureusement, elle n’y est jamais réellement arrivée. Trop de compromis allaient contre son avancée dans ce segment compétitif, comme la faible qualité perçue de ses matériaux, les petits soucis de fiabilité associés à son badge et un package pas réellement homogène. Pour contrer cela, la marque au trident à offert à sa Ghibli une mise à jour dans le but d’atténuer ces faiblisses et essayer de percer au-delà des ombres allemandes. Notons que nous essayons ici la version 2017 de la Ghibli, soit le modèle précédent la très récente mise à jour lui ayant apporté quelques évolutions de style et une nouvelle nomenclature.

Premières impressions
À la réception des clés (étrangement lourdes), on ne peut s’empêcher d’être un peu excité. Après tout, dans quelques minutes, on va se retrouver au volant d’une Maserati. Soit, la marque automobile aux multiples victoires dans les débuts de la formule 1, ayant fait roulé Fangio et Moss, et la marque qui a produit les 3500 GT, Ghibli, la Merak et Mistral. Ah, que d’histoire sous un badge.
Pourtant, tous nos rêves s’écroulent au démarrage du moteur. A la pression d’un bouton, le V6 de 3 litres démarre lourdement sous un claquement de brûleur de gazole. L’étrange association de la magnifique carrosserie et de l’intérieur recouvert de cuir Italien au râle du moteur diesel ne peut nous empêcher de grimacer. Enclenchons la première – via le levier joystick de la boite auto – et les choses s’améliorent. Une fois chaud, le six-cylindres VM Motori se clame un peu sans pour autant se faire oublier. Sur la route, l’expérience est discordante. Le moteur est souple et la boite se fait rapidement oublier alors que la direction paraît fort démultipliée et le confort de route est penché côté ferme. Notre véhicule d’essai est équipé du pack Sport (8.253 €) qui lui apporte les sièges sport, les palettes au volant et le pédalier sport mais surtout la suspension pneumatique SkyHook. En mode confort, elle fait ballotter la caisse de gauche et droite et semble fort perturbée par les petites aspérités de la route. Bref, les premières impressions sont tout sauf réjouissantes.

Qualité perçue en hausse mais…
A l’intérieur, bien que notre modèle d’essai soit pourvu du cuir pleine fleur recouvrant des sièges au tableau de bord en passant par les encarts de porte, nous arrivons tout de même à trouver quelques plastiques durs. Le commodo des clignotants et essuie-glaces, le commutateur des feux de route, les commandes de vitres, l’écran 8,4’’ du système de navigation et les commandes du toit ouvrant électriques sont tirés tout droit d’une 300C. L’économie d’échelle ne s’arrête pas là car la Ghibli repose sur une version modifiée du châssis de la grosse américaine.
La qualité perçue est cependant en hausse par rapport au modèle pré-facelift. L’écran tactile du système de navigation est désormais bien intégré et le bouton de volume se retrouve sur la molette placée derrière le levier de vitesse. Cette dernière offre une autre possibilité de naviguer à travers les menus. Les commandes de climatisation présente un ressenti très « allemand », ce qui est tout sauf une critique. Dessous ces dernières, on y trouve même un petit compartiment cachant une prise USB et un rangement pour Smartphone. Petit bémol: impossible de refermer le clapet une fois la prise USB branchée…

Révélation
Jusqu'à présent, la Ghibli ne présente pas d’atout majeur par rapport à la concurrence, malgré ses nombreuses évolutions positives notamment dans l’habitacle. Voilà exactement ce que nous pensions quelques secondes avant d’évoluer sur une petite route technique et sinueuse. Vient alors le moment révélateur. Le mode sport engagé, les clapets d’échappement s’ouvrent et laisse s’échapper un râle sourd digne d’un V8 Hemi alors que les suspensions se raffermissent et la boite rétrograde. Ici, sur cette route sinueuse, la Ghibli a révélé sa vraie nature.
De courbes en courbes, la lourde berline nous impressionne par son comportement et son agilité. La boite ZF fait de son mieux pour garder le moteur dans sa plage de couple et l’accélérateur augmente en précision. Autant la Ghibli côté « docteur Jekyll » était bruyante, pataude et lourde dans la vide de tous les jours, son coté « Mr Hide » la révèle agile, amusante et compétente une fois que le tarmac se tord. Une fois l’ESP désenclenché, elle se dévoile même joueuse, le couple du diesel aidant à faire partir le train arrière sans réellement le déstabiliser.  

Verdict
Notre essai nous aura appris une chose: la Ghibli a deux visages. En situation normale, son comportement est banal, son moteur bruyant et elle n’apparaît ne présenter aucun avantage par rapport à une Série 5 ou Classe E, jusqu’à ce qu’elle soit mise face à quelques courbes. En mode sport, c’est une toute autre bête. Son châssis se prouve être compétent et agréable. Une conduite sportive fait ressortir ses meilleures qualités. La Ghibli s’apprécie sur la longue. En s’offrant le temps, il est facile de trouver les petites merveilles cachées derrière des plastiques Chrysler et un moteur gazole.

Modèle Maserati Ghibli Diesel MY17
Moteur V6 3.0 Turbo diesel
Puissance 275 ch à 4.000 tr/min & 600 Nm de 2.000 à 2.600 tr/min
Transmission Auto ZF 8HP70 à 8 rapports
Vitesse Max 250 km/h
0 à 100 km/h 6,3 s
Conso 5,9 l/100 km
CO2 158 g/km
Prix de base 68.650 €