Grâce à la contribution de Gazoo Racing, Toyota est de retour dans un créneau qu’elle n’a jamais vraiment dominé. Et comment…

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Ceci pourrait bien être considéré comme une question piège: vous souvenez vous de la dernière bobinette produite par Toyota ? Certains se rappelleront de la Corolla au moteur VVTi boosté, mais sa puissance dépassait ses compétences. À peu près à la même époque arriva la Yaris TS, que personne ne regrette réellement. Donc, à moins que nous remontions jusqu’aux Starlet-JDM aux moteurs Twin-Cam préparés, la dernière bombinette produite par Toyota est la Yaris T-Sport de 2003. Plutôt tiède que chaude, cette hot hatch restait tout de même agréable.

Totalement éprouvée
La dernière entrée dans la gamme, qui porte maintenant le nom de Yaris GRMN, provient en partie de la même casserole que la T-Sport. La Gazoo Racing : Meisters of the Nürburgring n’est aussi disponible qu’en 3-portes et un goût: le wasabi. Après cela, les parallèles divergent. Pour cette nouvelle bombinette, le Flamand Stijn Peeters a décidé de tout revoir. Bien qu’il n’en déplaise aux fans de Toyota (ou même de Lexus), le moteur est, à nouveau, préparé par Lotus et la liste de fournisseurs ne s’arrête pas ici. Sachs s’est occupé des amortisseurs, BBS a forgé les jantes 17’’ qui sont chaussées de pneus Bridgestone RE050A alors que Advics s’est occupé des freins et Boshoku des sièges baquets.

Le résultat est une petite fusée de poche de 212 ch qui n’a pas réellement d’égal dans le segment B. La Peugeot 208 GTi by PeugeotSport a peut-être un châssis parfait mais l’ensemble se comporte comme un bouton on/off qui est plus à l’aise sur un circuit. Il en va de même pour la Renault Clio RS Trophy. Elle dispose d’un bon châssis mais elle a perdu sa place de numéro 1 dans la catégorie. Adressons même immédiatement la comparaison : la Yaris GRMN est ce que la Clio RS aurait dû être, à savoir une Mégane RS « downsizée » qui combine une boîte manuelle et un moteur plein de vie (juste pour vous informer que le reste de cet essai pourrait bien être favorable envers le travail des ingénieurs GRMN).

Compresseur Eaton
Commençons par les performances sur circuit, que nous avons essayé sur le magnifique ParcMotor Castelloli. Un bout d’asphalte qui semble avoir jailli de l’imagination de Kazunori Yamauchi, avec ses importants dénivelés et ses flancs escarpés. 

Chaussée de pneus course (Bridgestone Poteneza RE-11S), la petite Yaris se sent chez elle, caractérisée par des changements de direction très rapides et énergétique. À l’attaque, le train arrière offre un léger survirage qui aide à idéalement placer la Yaris en sortie de courbe. Une fois provoquée par un levé de pieds, la bombinette se prouve également joueuse.

Accélérer en plein virage est un jeu d’enfant grâce au différentiel Torsen logé sur le train avant. Certes, en pleine charge quelques remontées de couple se font sentir dans la direction, mais cela ne nuit guère aux avantages du diff’ mécanique. Sur route sèche, il est possible de lâcher les 212 ch et 250 Nm en toute sécurité, d’autant plus que le 4-cylindres 1.8 litre compressé les délivre de façon linéaire jusqu’au limiteur (7.000 tr/min). Cela, grâce à l’utilisation d’un compresseur au lieu d’un turbo, même s’il booste la consommations. Avec ses 10 l/100 km, il vaut mieux ne pas considérer la Yaris GRMN comme voiture de tous les jours.  

Épuisée en 72h
Sauf que l’option d’achat…n’existe plus. Malgré les deux ans de travail approfondi de Gazoo Racing, la division de course maintenant en charge des produits sportifs, la Yaris GRMN n’est limitée qu’à 600 exemplaires (200 conduites à droite et 400 conduites à gauche). De plus, ils sont tous vendus.
Un véritable péché, car sur la route, la petite Yaris se sent aussi bien que sur le circuit, avalant l’asphalte et les tournants avec une ténacité qui vous donne le sourire. Le fait que moteur chante comme une caisse de course aux échappements ouverts est un plus qui justifie presque le prix de 31.290 €.

Alors, qu’en est-il du futur? Chez Toyota, il semble rose pour les amateurs d’octane. En plus de la Supra (qui fera probablement ses débuts sous forme de concept à Genève), il y aura d’autres variantes GRMN, comme c’est déjà le cas au Japon. Cependant, les Japonais restent très mystérieux à ce sujet. Dans une interview d’AutoExpress, le PDG de Gazoo Racing, Shigeki Tomoyama, a déclaré que la prochaine Yaris aura droit à un traitement GRMN encore plus profond. D’où cette pensée audacieuse: si vous voyez de quoi les Belges du département sport auto de Toyota son capable avec une approche « à la McGyver » sur un châssis de 12 ans, imaginez de quoi ils sont capable avec un modèle développé de A-Z chez eux. Préparez-vous, Fiesta ST, préparez-vous…

Modèle Toyota Yaris GRMN
Moteur 4-cylindres en ligne, compressé, 1.8 litre
Puissance 212 ch dès 6.800 tr/min et 250 Nm dès 4.800 tr/min
Transmission Manuelle, 6 rapports
Poids 1.135 kg
0 à 100 km/h 6,4 s
Vitesse max 230 km/h
Consomation 7,5 l/100 km
Prix 31.290 €