GTI, trois lettres devenues icones à un point tel qu’elles pourraient faire leur entrée dans le dictionnaire. Presque aussi connues que S.A.S. (Son Altesse Sérénissime), elles portent pourtant la même grandeur que ce dernier acronyme. Elles sont également incrustées dans l’esprit collectif, inconsciemment associées à la marque Volkswagen depuis 1974. L’année durant laquelle la marque de Wolfsburg présenta sa petite bombinette au salon de Francfort : la Golf GTI.

Alors une simple version légèrement modifiée de la petite familiale, son moteur de 110 ch, son kit carrosserie à la fameuse ligne rouge et son châssis joueur en ont fait une star qui est depuis rentrée dans le panthéon de l’automobile.

Mais pourquoi donc associons nous l’acronyme GTI à la petite Golf? N’oublions pas que la marque n’a pas l’exclusivité du nom et que dans les années 80, presque tous les constructeurs en ont abusé. Impossible d’oublier les Peugeot 205 GTi, Citroën CX GTI Turbo ou encore Daihatsu Charade GTI. Nous l’associons principalement à la marque allemande car la GTI ne fut pas un coup d’un soir.

Depuis 40 ans, Volkswagen produit et peaufine la Golf GTI avec la Golf II GTI 8 et 16 soupapes, la Golf III GTI, la mal-aimée et sous puissante Golf IV GTI, la Golf V GTI avec son 2.0 litres turbo incarnant le retour de la sportive pour ensuite passer à la Golf VI GTI et enfin la Golf VII GTI, toujours plus puissante et plus efficace. Cela va-t-il un jour s’arrêter? Chez DRIVEmag, on espère que non.

Après tout ces modèles et ces raffinements, nous en arrivons à la dernière en date, la GTI Clubsport S. Un modèle spécial, limité à 400 exemplaires, poussant la philosophie GTI à son paroxysme.

Ca tourne, action!
Plantons d’abord le décors: la Clubsport S n’est pas une GTI comme les autres, même si son kit carrosserie extérieur pourrait la faire passer pour une simple Clubsport. Le pare-choc avant est plus agressif et arbore fièrement un spoiler produisant réellement de l’appui. Sur les flans, une jupe supplémentaire est rajoutée et floquée du logo Clubsport S.

A l’arrière, un béquet arqué en forme de queue de baleine domine le hayon. Entrez dans l’habitacle et la réelle différence va vous prendre au coup. La banquette arrière est passée à la trappe et remplacée par un filet, histoire de ne pas retrouver ses courses dans la nuque lors d’un fort freinage. Les sièges avant ont été remplacés par des béquets Recaro au maintien digne d’une auto de course. Voilà le but de la Clubsport S, vous donner l’impression qu’il s’agit d’un véhicule de course.

Grip, grip, grip
Le 4-cylindres se réveille dans un fracas des plus appréciable, vous engagez la première et hop, c’est parti

A faible vitesse, la GTI Clusport S roule comme une…GTI. Du moins, une qui aurait bénéficier d’une diète en terme d’isolation tellement les bruits de roulements sont présents. Bien qu’elle soit la moins discrète de sa gamme, elle n’en reste pas moins une Golf et garde donc ainsi la majorité des agréments de vie de la familiale. Assez parlé pratique et confort. Embrayage, un coup de gaz sur la pédale d’accélérateur idéalement placée et godasse! Enfin, le spectacle commence. Le 4-cylindres turbo monte dans les tours avec une vigueur incroyable développant pleinement ces 310 ch au bout du compte-tours (de 5.800 à 6.500 tr/min). La montée en puissance s’accompagne d’un champ amplifié par l’absence d’isolation et de banquette.

Arrive un tournant, il est temps de sauter sur les puissants freins alors que l’échappement pétarade et crépite à la décélération. Quel plaisir! En courbe, le train avant McPherson se plante idéalement grâce à sa suspension pilotée et sa direction précise, pourtant peu communicative. Qu’à cela ne tienne, c’est en sortie de courbe que la pièce de résistance de la Clubsport S fait ressentir sa présence.

Le différentiel à glissement limité – un vrai, mécanique et non un joujou de l’ESP – répartit le couple idéalement entre les deux roues avant et projette la Golf vers le prochain tournant tel un léopard chassant une gazelle. Pendant ce temps là, le train arrière ne bouge pas. Il reste planté et suit avec grande discipline les mouvements de son jumeau avant. Bien sûr, il peut également être provoqué. Un léger levé de pied accompagné d’un coup de volant enverra la GTI danser sur le bout des pieds sans pour autant perdre tout contrôle. Quoique, la chose plus facile à dire qu’à faire quand elle est chaussé de ses Michelin Pilot Cup 2, de série sur cette Clubsport S.